Le drive, nouveau moteur des supermarchés

Le drive : un service devenu incontournable

Longtemps considéré comme un simple service pratique, le drive est aujourd’hui au cœur de la stratégie des grandes enseignes alimentaires. Carrefour, Intermarché, Auchan ou encore E.Leclerc ne le voient plus seulement comme une réponse aux nouvelles habitudes d’achat. Il est devenu un levier majeur pour capter la croissance de l’e-commerce alimentaire.

En 2025, le drive a généré 11 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France, selon NielsenIQ. Ce résultat marque une progression de 6 % sur un an. Le panier moyen atteint désormais 73 euros. Ces chiffres confirment le poids grandissant de ce canal dans les supermarchés.

Mais derrière cette dynamique, le modèle reste complexe. Le drive coûte cher, demande une organisation fine et oblige les distributeurs à repenser leurs choix logistiques. Pour les enseignes, l’enjeu n’est plus seulement d’être présentes sur ce marché. Il faut désormais trouver le format le plus efficace et le plus rentable.

Carrefour revient au picking en magasin

Carrefour illustre bien cette évolution. Après avoir misé sur de grandes plates-formes de préparation de commandes, l’enseigne revient au picking en magasin. Ce modèle consiste à préparer les commandes directement dans les rayons, à partir des stocks du point de vente.

Alexandre Bompard, à la tête du groupe, assume ce changement de cap. Il présente les magasins comme des centres de logistique et de données placés au cœur de la croissance de l’e-commerce. Carrefour Drive doit ainsi proposer en France toute l’offre alimentaire du magasin, soit un assortiment plus large que celui de nombreux concurrents.

Ce repositionnement s’accompagne d’un investissement important. Carrefour a notamment noué un partenariat de 150 millions d’euros avec Vusion pour généraliser les étiquettes électroniques. L’objectif est d’améliorer la gestion des stocks et la fiabilité de l’offre disponible en drive.

Des modèles coûteux et difficiles à équilibrer

Ce retour au picking en magasin montre aussi les limites des grands entrepôts automatisés. Sur le papier, ces infrastructures promettaient productivité et efficacité. Dans les faits, l’alimentaire reste un secteur à faibles marges, avec des produits lourds, volumineux ou fragiles. La logistique du dernier kilomètre pèse également sur la rentabilité.

Carrefour en a fait l’expérience. Son activité e-commerce a enregistré 40 millions d’euros de pertes opérationnelles courantes en 2024. Pour certains experts, le retour au picking magasin relève donc moins d’un choix idéal que d’une adaptation nécessaire.

Le drive solo, longtemps privilégié par E.Leclerc et Auchan, présente d’autres avantages. Ce format séparé du magasin permet une préparation rapide des commandes. Selon Philippe Courbois, directeur e-commerce chez Auchan, un petit drive peut traiter entre 150 et 200 clients par jour.

Mais ce modèle a aussi ses limites. Il coûte de plus en plus cher à construire, propose souvent moins de références qu’un magasin classique et exige des volumes élevés pour être rentabilisé. Il reste performant, mais plus difficile à déployer qu’auparavant.

Vers des solutions hybrides

Face à ces contraintes, plusieurs enseignes développent des modèles mixtes. Intermarché et Auchan misent notamment sur des organisations hybrides, entre mini-entrepôt accolé au magasin et préparation en rayon. Le but est de combiner largeur de l’offre, disponibilité des produits et gains de productivité.

Chez Intermarché, le picking en magasin a longtemps permis un développement rapide du drive. Mais ce modèle atteint ses limites lorsqu’il reste utilisé seul. D’où la montée du semi-picking dans les points de vente les plus performants.

Le drive supermarché concentre désormais plusieurs enjeux : le prix, la rapidité, le choix, la disponibilité et la fidélisation des clients. Les distributeurs ne peuvent plus se contenter d’ajouter un service drive à leur magasin. Ils doivent choisir le bon modèle selon leur parc, leur foncier et leur niveau de commandes.

Le succès du drive repose donc sur sa capacité à s’adapter. Il n’existe pas de recette unique. Mais une chose est désormais claire : le drive n’est plus un service complémentaire. Il est devenu un pilier central de la grande distribution alimentaire.

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